jeudi 26 mai 2016

Conference d'Alexandre Juster, auteur de la collection "Lettres du Pacifique" à la Mairie du Vème (Paris)


PARIS,  le jeudi 26 Mai, l’ethnolinguiste Alexandre Juster interviendra sur le thème de « L’écrit face à l’oralité » dans le cadre de l’événement «Quartier du livre » organisé par la mairie du Ve arrondissement de Paris et dont la Délégation du gouvernement polynésien est partenaire. 

Cette très belle soirée culturelle sera aussi l’occasion de rappeler qu' Alexandre Juster est l’auteur de l'ouvrage  « La transgression verbale en Océanie », édité en 2010  par Hélène Colombani dans sa collection de littérature et sciences humaines "Lettres du Pacifique" (Harmattan), une étude sur la "parole interdite" en tahitien et en nengone, langue mélanésienne de Nouvelle-Calédonie. 
Ce livre peut désormais être consulté dans la bibliothèque récemment ouverte à la Délégation. La directrice de collection avait aussi organisé une première conférence de ce jeune universitaire à l'amphithéâtre de l'Université de Nouvelle-Calédonie, lors d'un séjour d'Alexandre Juster. 



A.Juster Conférence à l'UNC (Nouméa)
















L’oralité dans l’écriture tahitienne  
Un mois après l’inauguration de la très belle exposition Mata Hoata au musée du Quai Branly, la Délégation de la Polynésie française propose une conférence: Alexandre Juster y traitera de la place qu’occupent actuellement la tradition orale et le livre en Polynésie française, et exposera l’empreinte de l’oralité dans l’écriture tahitienne contemporaine et la création artistique. 

Dans l’esprit de ce jeune et talentueux universitaire: « la société tahitienne est une société à tradition orale où la parole est moins un élément acoustique qu’une composante du tissu social. Dans la première moitié du XIXème siècle, l’écriture a été transplantée dans la culture tahitienne lorsque les missionnaires, aidés par des érudits Tahitiens, ont traduit la Bible. Depuis, le débat oppose écriture et oralité, une discussion déjà en vogue sous Platon ! »
  
Alexandre Juster, diplômé d’histoire à Paris 1 et titulaire d’une maîtrise en langues et civilisations océaniennes, depuis 2015, donne des cours d'initiation à la langue et à la culture polynésienne à la Délégation de la Polynésie française à Paris. 


Dans ce cours, Alexandre Juster présente la Polynésie française dans le contexte océanien, ainsi que les défis démographiques, écologiques et institutionnels auxquels elle est confrontée. Il expose ensuite les modalités des premiers peuplements, la nature et les conséquences des premiers contacts entre Polynésiens et Occidentaux, la mise en place du royaume tahitien, le protectorat, l’administration et l’économie de ce territoire. 

Pour mémoire, rappelons la prochaine conférence (le 2 juin), de Daniel MARGUERON, ex-directeur d'établissement et professeur de littérature en Polynésie, auteur de "Flots d'encre à Tahiti", (voir le précédent post) à la Délégation de la Polynésie à Paris, et les passionnants ouvrages parus dans la collection ("L'Echappée Pacifique" vol. 1 et 2) consacrés à la civilisation  polynésienne, de Christine PEREZ, Maître de conférence depuis 20 ans à l'Université de Polynésie Française (UPF). 

mardi 24 mai 2016

Collection Lettres du Pacifique: "Flots d'encre sur Tahiti" à la Délégation de Polynésie de Paris


Hélène Colombani, directrice de la collection "Lettres du Pacifique", est heureuse d'annoncer la soirée de rencontre avec Daniel MARGUERON, l'auteur de "Flots d'encre sur Tahiti, 250 ans de littérature francophone en Polynésie française",
à la Délégation de la Polynésie française de Paris.(28 Bd St Germain) le jeudi 2 juin de 18h30 à 21h. 

Entrée libre et gratuite.




Le professeur de Littérature Daniel MARGUERON, auteur de l'important ouvrage de référence illustré en couleur, 
le 60ème titre de la collection "Lettres du Pacifique",et best seller au salon du livre de Papeete, y présentera et signera son livre.






FLOTS D'ENCRE SUR TAHITI, 250 ans de littérature francophone en Polynésie française(Lettres du Pacifique, 460 pages, ill. en couleur, 2015).

Du mythe occidental inventé au XVIIIe siècle par les circumnavigateurs, à la littérature maorie contemporaine, en passant par une abondante littérature exotique et coloniale qui parcourt les XIXe et XXe siècles, Tahiti et les archipels sont déclinés comme un lieu majeur où naît et se diffuse une production littéraire, certes pleine de clichés, mais aussi variée, dynamique et originale. L'auteur, qui fut enseignant à Tahiti durant des décennies, en fait ici un panorama descriptif et analytique complet.




Cet ouvrage disponible dans les librairies de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie, est également en vente à Paris (Harmattan, FNAC, Amazon, et toutes les librairies en ligne), ainsi qu'à la Librairie du Musée du Quai Branly, à Paris.

mercredi 18 mai 2016

Hommage à Guy Agniel, Calédonien, Professeur des Universités, et auteur du CAP

L'Université de Nouvelle-Calédonie vient de perdre prématurément l'un de ses membres les plus éminents, le professeur de droit Guy AGNIEL.

D'origine modeste, né il y a 68 ans, d'une mère calédonienne qui gérait un petit commerce et d'un père asiatique, à Houaïlou dans la brousse calédonienne à laquelle il resta très attaché, après un cursus d'études qui le conduisit du lycée de Nouméa, à l'université de Montpellier, où il obtint un doctorat d'Etat en Droit (spécialiste de droit international, et de droit public), Guy revint exercer ses compétences juridiques dans son île natale. Après une incursion dans le secteur politique, il fut nommé professeur de droit à l'Université de NC, où ses qualités humaines autant que professionnelles, et son profond attachement à son île et à ses compatriotes, laissent de lui le souvenir d'un homme de conviction et de caractère, dont la franchise et la liberté de parole étaient appréciées des uns et critiquées par d'autres. (Il fut à la télévision, durant la période post-1984, le chroniqueur des événements politiques puis de l'évolution statutaire de l'île.)


Auteur de plusieurs livres de droit aux éditions Hachette et PUF, et conférencier de stature internationale (il était souvent sollicité par les universités du Japon et d'Asie), Guy intégra dès sa création il y a 20 ans, en tant que membre d'honneur, le Cercle des Auteurs du Pacifique, où sa  présence fut constante, fidèle et participative, jusqu'à sa disparition. (voir notre post du 23 juillet 2013). Il y laisse des amis de longue date- dont le Président du CAP, Gilbert THONG, et ceux qui le connurent sur les bancs du lycée La Pérouse, tous garderont le souvenir d'un intellectuel à l'esprit vif, dont l'humour et les talents de conteur s'enracinaient dans la terre calédonienne. 
Résumé: Au-delà d'une image idéale de dépliants publicitaires, quelle est la réalité politique, économique et sociale de ces États et territoires insulaires dispersés dans l'immensité de l'océan Pacifique ? Quelles sont les solutions d'avenir possible pour ces trois régions, Micronésie, Mélanésie, Polynésie, qui forment le cinquième continent, l'Océanie ?




Un extrait de l'hommage de l'UNC:
"L’UNC en deuil : C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre collègue et ami, le Professeur Guy Agniel, survenu hier soir des suites d’une maladie. Ayant exercé au sein de notre université, depuis la création de l’Université Française du Pacifique, il a été et il restera parmi les professeurs qui ont marqué l’Université de la Nouvelle-Calédonie par son implication au bénéfice des étudiants et par la qualité de ses travaux de recherche.
Après des études de droit, de sociologie et de sciences politiques à Montpellier I et Montpellier III, dans la première moitié des années 70, Guy Agniel a obtenu en 1977 son doctorat d’Etat en Droit à Montpellier I…" 

mercredi 4 mai 2016

ET DIEU CREA LE RÊVE...



Après le succès populaire remporté par son premier livre ("Thio, de mon enfance aux événements de 1984"), publié dans la collection, Danick Loquet, auteur calédonien aux ascendances kanak, européennes et vietnamiennes, poursuit ses réflexions sur son île natale, et nous fait découvrir un conte philosophique original et créatif, largement inspiré de croyances kanaks, où les philosophes de l'Occident dialoguent avec un génie sylvestre issu de la tradition orale. 

Cet ouvrage, illustré de photos en couleur, est le 61ème titre de la collection "Lettres du Pacifique". Il sera prochainement disponible en librairie en Nelle-Calédonie, et peut être déjà commandé à l'Harmattan (14,5 €).
ISBN : 978-2-343-08494-7. 104 pages. 13,78 €.

jeudi 28 janvier 2016

"ACIER AUSTRAL" PRESENTE PAR UNE UNIVERSITAIRE A LA TELEVISION


Sonia Lacabanne (à gauche) invitée de Cloé (NCTV)

Le 4 janvier, dans l'émission télévisée NCTV animée par Cloé, l'invitée d'honneur de l'émission "La Quotidienne", Madame Sonia LACABANNE, professeur des universités et spécialiste de langues et civilisations anglophones du Pacifique à l'UNC, a brillament présenté  le roman australien Acier austral aux téléspectateurs calédoniens. Ce best seller a pour cadre  la guerre du Pacifique, l'entrée en guerre de l'Australie suite au bombardement de Darwin par les Japonais,  et leurs conséquences pour les familles et en particulier les femmes des ouvriers et des marins de Newcastle, ville industrielle et portuaire très impliquée dans l'effort de guerre des alliés. 

Ce best seller de Dymphna Cusack, (auquel nous avons consacré un post), traduit en français et présenté par Marie-Laure VUAILLE BARCAN maître de conférence en Australie, a été préfacé par Marie RAMSLAND.

Voici quelques photos des coulisses et de l'enregistrement de cette séance très conviviale qui réunissait à NCTV  le Professeur Lacabanne, Cloé, et Hélène Colombani, la directrice de la collection Lettres du Pacifique, qui est à l'origine de cette promotion calédonienne du livre, et qui remercie le Professeur Lacabanne et Cloé d'avoir accepté d'en être les interprètes.

Cette édition, rappelons-le, a précédemment été présentée en Australie par les deux co-auteurs: Marie-Laure et Marie, lors d'un lancement à l'Université de Newcastle, et à l'Alliance Française. (voir nos précédents posts)

mercredi 23 décembre 2015

MEILLEURS VOEUX, BONNES FETES A TOUS NOS AUTEURS, POETES ET AUTRES INSULAIRES.

LE CERCLE DES AUTEURS DU PACIFIQUE
VOUS SOUHAITE UN JOYEUX NOEL


Le  frangipanier, (temple tree) originaire d'Asie, arbre exotique
aux floraisons odorantes, très répandu sur l'île.


A tutti: un beau texte du Corse Jean François Bernardini, poème d'amour à sa terre natale, mais qui peut aussi être entendu par tous les insulaires du monde, ce poème est aussi la réponse la plus noble, la plus passionnée et la plus vibrante  à la haine et à bassesse de certains, de ceux qui ne comprennent pas la beauté de la vie comme peuvent la sentir
LES POETES
LES HOMMES DE LA TERRE
TOUS LES INSULAIRES
LES CORSES 
LES KANAKS ET LES CALEDONIENS...

mercredi 9 décembre 2015

LES AUTEURS DE LETTRES DU PACIFIQUE AU SALON DU LIVRE DE TAHITI


Daniel Margueron et Christine Perez avec des lecteurs
Christine PEREZ maître de conférence (UPF)
et auteur publiée dans la collection
Daniel Margueron présente son anthologie littéraire


Plusieurs auteurs de la collection "Lettres du Pacifique" d'Hélène Colombani s'étaient donné rendez vous au salon du livre de Papeete en novembre 2015, dont Daniel Margueron et l'illustratrice A'amu, pour le lancement très réussi de leur anthologie illustrée en couleur de la littérature francophone "Flots d'encre sur Tahiti", mais aussi Christine Perez, historienne de l'Université de Polynésie Française, et auteur de 2 ouvrages majeurs sur la culture et les traditions maories ("Echappée Pacifique").

D'autres auteurs et écrivains de Polynésie ou ayant écrit sur Tahiti ont été édités dans cette collection, certains étaient également présents au salon, citons pour mémoire:

-les universitaires: Camille COLDREY auteur d'un brillant essai sur la Langue tahitienne chez Segalen, Alexandre MOANA JUSTER, auteur de "La transgression verbale en Océanie", Sylvie FERMENT-MEAR, "Pour la Défense de la langue tahitienne, Gérard BARTHOUX, "L'Enfant tahitien et l'école", Louis CRUCHET (qui traite de l'Archéoastronomie polynésienne"),

-les historiens: l'Amiral Emmanuel DESCLEVES, auteur du "Peuple de l'Océan, ou l'art de la navigation en Océanie" (prix Eric Tabarly),  Annick POUIRA-LOMBARDINI, auteur d"Une politique pour Dieu", Charles MERGER, "Voyageuses à la découverte du Pacifique,

-les romanciers Dominique CADILHAC, auteur d'un beau roman marquisien: "Les Montagnes du Pacifique", Y.A. DELUBAC, auteur de la trilogie musicienne de "Tahiti Love Song", Pierre GRANAUD, auteur du réaliste"Offrandes polynésiennes", ou Depal STERMANS, et son mystérieux"Poisson aux longues jambes",

-sans oublier les mémoires et témoignages de Serge LECORDIER "Hanakée baie des traîtres, qui témoigne sur les essais de Mururoa, ou du fabuleux narrateur Gilbert THONG et son best seller "Show Pacifique"...

Un vaste choix de livres de qualité qui couvrent les domaines qui vont de la littérature aux sciences humaines, dont le dernier fleuron en date, l'anthologie de Daniel Margueron, a rencontré un succès remarquable (tous les exemplairesdisponibles furent vendus en 48 heures), le lancement se poursuit par les signatures et conférences organisées dans toutes les librairies de Papeete en décembre et janvier.  La presse de Tahiti a rendu compte largement de cette réussite, sur les ondes autant que par les articles qui ont salué ce dernier titre.


Daniel Margueron présente son livre à Radio Tahiti


L'illustratrice A'amu (Christine Fabre) signe le livre


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Extraits de l'article deTahiti Infos :

"PAPEETE, le 19 novembre 2015 - Le dernier ouvrage de Daniel Margueron est dévoilé au Salon du Livre. Cette analyse de la littérature polynésienne francophone revient sur 250 ans de livres, nouvelles, essais ou poèmes sur la Polynésie.

Plus de 500 pages, c'est ce qu'il aura fallu à Daniel Margueron pour retracer 250 ans de littérature consacrée à la Polynésie. (...)il ne s'attache qu'aux publications en français. Pas de livres en anglais ou en tahitien donc… Mais il en reste tout de même des milliers à présenter, analyser et classer. Un vrai travail de fourmi réalisé avec patience par cet amoureux de la littérature polynésienne.(...)

(...) Dans ce dernier ouvrage, il décortique les clichés qui parsèment les très nombreux livres laissés par les voyageurs après un passage en Polynésie et expose les courants, oppositions et thèmes dominants de notre plus modeste production locale. Une lecture indispensable pour tous les aficionados ou simple curieux de littérature et de la Polynésie.

suivi de l'interview de Daniel Margueron, auteur de "Flots d'encre sur Tahiti (Collection Lettres du Pacifique):
"Tous les livres dont vous parlez dans votre ouvrage parlent de la Polynésie, mais pas tous de la même manière. Pouvez-vous nous présenter les courants et leurs grands auteurs ?

Daniel Margueron : Il y a trois grands courants. D'abord les livres de voyages avec des auteurs comme Pierre Loti, Bougainville bien sûr, Victor Segalen, Georges Simenon, Romain Gary… En gros c'est la littérature de ceux qui sont venus en escale mais ne sont pas restés. Ce sont des milliers de livres.

Un livre à recommander dans cette catégorie ?

Victor Segalen, les Immémoriaux. C'est un très grand livre mais ce n'est pas le seul bien sûr. Il se penche sur une civilisation défunte, qui a été malmenée par l'évangélisation.

La deuxième catégorie est la littérature des européens installés à Tahiti ?

Oui voilà, ceux qui sont là dans la durée. Ils voient le pays autrement que les voyageurs. Ils ne sont pas dans le mythe mais dans un ancrage social, familial, qui fait qu'ils voient la Polynésie plus dans le quotidien de son existence. Mais ils ne sont pas plus objectifs que les autres : personne n'est objectif, de toute façon on est dans la fiction. Là pour quelques auteurs on pourrait citer Alex DuPrel, Marc Cizeron, Chantal Kerdilès, parmi tant d'autres. Ça représente une centaine de livres.

Donc la troisième catégorie ce sont les Polynésiens ?

Oui, les "autochtones", qui depuis une quarantaine d'années ont développé une littérature sur le pays, avec là aussi une centaine de livres publiés. Poésie, littérature, romans, essais, pièces de théâtre, tout y passe. C'est une littérature que l'on lit aujourd'hui essentiellement comme une littérature identitaire. Parce qu'elle est à la recherche d'une identité perdue, endeuillée, fantasmée, souhaitée, rêvée, etc. Là, les grands écrivains, c'est bien sûr Chantal Spitz, c'est Jean-Marc Pambrun, c'est Henri Hiro, c'est Moetai Brotherson, ce sont tous ces gens-là… Enfin il y en a plein d'autres. Un bon livre à recommander pour découvrir le genre, ce serait "Le bambou noir" de Jean-Marc Pambrun.

Quelle est la grande différence entre les écrivains nés à Tahiti et les autres ?

La principale différence est que pour les uns le français et la culture française est leur référence. Les écrivains polynésiens, eux, sont quand même enracinés dans l'univers polynésien et ils ont une vision du monde qui est polynésienne. Qu'ils soient Polynésiens de souche, demis et autres. Et les écrivains polynésiens ont souvent une langue cachée, la langue polynésienne, alors que pour les autres leur langue est uniquement le français. Donc on se rend bien compte qu'il y a une recherche stylistique chez des écrivains comme Chantal Spitz ou Flora Devatine, qui essayent d'écrire une langue qui soit à l'image de la rhétorique polynésienne.

Pourquoi les auteurs d'origine polynésienne n'émergent que depuis 40 ans ?

Alors là c'est une grande question que je pose dans le livre : 'pourquoi l'écrit ne s'est pas révélé plus tôt ?' Il y a tout un tas de raisons, que vous retrouverez dans le livre. D'abord une très faible population pendant très longtemps. Une aculturation (sic) peut-être pas suffisante pour écrire en français : en dehors de Papeete les langues polynésiennes restaient très vivantes. Il y a le fait que l'écriture n'est pas dans la culture polynésienne. Et puis il y a le fait que parler de soi, dévoiler son intimité, n'est pas toujours facile.

Donc ces nouveaux écrivains sont le fruit du métissage culturel entre Polynésiens et Européens, et ce serait pour ça qu'ils parlent autant d'identité ?

Oui, tout à fait. Et puis il y a une appropriation du pouvoir de l'écriture, et une reformulation. C’est-à-dire que ce que vont dire les Polynésiens de la société, de l'histoire ou autre, est une reformulation par rapport à leur vision des choses, et pas forcément la même que la vision des Européens.

Comment les différentes littératures s'opposent-elles ?

Je pense par exemple que le point de vue des écrivains polynésiens sur leur société est à l'envers du mythe, totalement, mais c'est aussi volontaire. Par exemple les écrivains des Samoa écrivent aussi contre le mythe des occidentaux. Les écrivains ont en général chacun un angle de vision de la société, mais chacun un différent. En ce moment les différentes catégories d'écrivains en Polynésie se regardent un peu en chien de faïence, parce que la littérature polynésienne se construit un peu contre la littérature occidentale parce qu'elle a besoin d'opérer un meurtre symbolique contre les grands auteurs occidentaux, Stevenson, Melville et les autres. Pour se construire il faut s'opposer et se créer un espace littéraire qui n'est pas celui que les autres occupaient avant.

Comment la littérature polynésienne va-t-elle évoluer ?

Elle va évoluer avec les mentalités des gens et l'évolution de la société. Si l'avenir demeure dans le statut quo actuel, d'un pays francophone et français, elle évoluera dans ce domaine-là. Si le pays devient indépendant, la littérature va forcément se trouver d'autres racines, parce que la littérature est toujours en lien avec la société dans laquelle elle évolue." (Tahiti infos, 19 novembre 2015)