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samedi 8 janvier 2011

Une rentrée littéraire parisienne ...frileuse.



Durant le premier trimestre 2011, 510 livres seront en vente dans les librairies françaises. Contre plus de 700 sorties en septembre, une baisse de 30% de premiers romans par rapport à la rentrée 2010, la rentrée littéraire 2011 est au diapason de la vague de froid métropolitaine!

510 livres à peine sont donc attendus à partir de janvier 2011. Malgré une légère augmentation générale par rapport à la rentrée 2010, 49 premiers romans seront en vente (contre 73 en janvier 2010). Les éditeurs sont donc très prudents et misent sur leurs auteurs confirmés.

Qu'en est-il en Nouvelle-Calédonie?


Le palmarès des "meilleures ventes " 2010 publié dans un quotidien local, laisse songeur, tant les livres cités sont peu nombreux et peu significatifs : toujours la bd, quelques auteurs pour enfants, et des livres de photos.

Fort heureusement, la production qui intéresse le Pacifique ne se limite pas à ces quelques exemples, et l'on peut trouver d'intéressants ouvrages sur le sujet en provenance de France, de Polynésie (citons les excellentes éditions polynésiennes Haere Po), voire des pays voisins, le problème étant (et restant) de les trouver dans les librairies locales à un prix raisonnable (pourquoi ne les commandent-elles qu'à une dizaine d'exemplaires voire moins ?)

Pourquoi faut-il qu'un livre soit aussi cher localement, alors qu'ils ne sont pas taxés ?

Pour le moment le lecteur peut encore remédier à ces handicaps en commandant directement aux éditeurs ou aux centrales de ventes internet, puisque le prix affiché est celui de métropole, majoré du prix d'expédition (raisonnable par voie ordinaire).

Mais il est question de taxer les ventes internet, y compris pour les livres (qui sont pourtant libres de toute taxe selon un accord international).

Qui serait lésé, si ce n'est le lecteur à revenu moyen ou faible, le jeune ou l'étudiant? Sans oublier la majorité des auteurs.

Lire sera-t-il bientôt réservé aux happy few?


vendredi 25 septembre 2009

DECES DE BERNARD BROU, éditeur, historien, MEMBRE D'HONNEUR DU CAP

C'est avec tristesse que nous apprenons le décès à Antibes du Docteur en histoire Bernard Brou, le fondateur et président de la Société des Etudes Historiques, puis membre d'honneur du Cercle des Auteurs du Pacifique, depuis 1998. Il est resté fidèle au CAP jusqu'à la fin, assumant son rôle avec franchise au sein du comité de lecture.
 Il a relu la version française du prochain livre qui doit paraître dans la collection Lettres du Pacifique (il préfaça en 2007 celui du Pr Karen Speedy (Australie) sur l'immigration réunionnaise), et adhéra complètement aux actions du CAP.

Auteur et éditeur infatigable, il  fit rééditer par la SEH:  

-les oeuvres complêtes du romancier Georges Baudoux qu'il admirait, illustrées par Georges Khim et Patrice Nielly,

- celles de Paul Bloc (le Colon Brossard et les filles de la Néama présentés par Hélène Colombani, avec une biographie de Michel Amiot), en partenariat entre la SEH, les éditions Hachette et la Mission Livre, ( ce fut un gros succès éditorial: les 2000 exemplaires de cette réédition furent vendus en moins de 2 mois!) 

-une partie des romans de l'écrivain Jean Mariotti (La conquête du séjour paisible, préfacé par le Calédonien Paul Griscelli,  et Takata d'Aïmos), 

-ou encore les poèmes des Nervat, et  leur roman calédonien, Célina Landrot. 

On lui doit également la réédition de nombreux textes historiques (Les trois moineaux présentés par Hélène Colombani), des ouvrages d'historiens locaux (Georges Pisier, John Dunmore, Jean Guillou), et la création du Bulletin de la Société des Etudes historiques dont il fut le directeur et la cheville ouvrière durant plusieurs décennies.
Il fut lui-même l'auteur de plusieurs ouvrages d'histoire de la NC et monographies historiques.
 Elu du congrès dans les années 1960, il se retira de la politique pour se consacrer à ses activités éditoriales et à ses recherches, entouré de ses fidèles collaborateurs (Michel Amiot, Paul Griscelli, Henri Daly, Georges Pisier).
 
Après avoir été l'un des partenaires de la "Semaine du livre Calédonien", le premier "salon" littéraire de NC organisé à la Bibliothèque Bernheim par Hélène Colombani en 1984,  Il participa également dans les années 1990 à la première revue littéraire calédonienne "Flamboyant Imaginaire" créée par la même, qui révéla au public la plupart des écrivains actuels (voir supra). Il lui remit pour cette revue  un   texte ancien inédit de la mythologie de Maré: "Bébénod", transcrit et commenté par le Père Dubois (ethnologue qui vécut plus de 40 ans à Maré), dont la version  littéraire,  parue dans le Flamboyant Imaginaire, fut l'oeuvre d'une poétesse lyonnaise. 
Bernard Brou était aussi un bon vivant, comme le raconte le président du CAP, Gilbert Thong dans son livre  "Show Pacifique" (collection "Lettres du Pacifique", Harmattan).

Les  sincères condoléances du Cercle des Auteurs à son épouse  (qui enseigna le piano à l'Ecole de musique), ainsi qu'à son fils.